News en trois épisodes : part two : Zadosicien (2)

Publié le par nathasarah

Après quelques jours de cette médication que nous espérions salvatrice, Zadosicien ayant enfin retrouvé un sommeil calme (je veillai toujours la nuit et laissai systématiquement sa porte ouverte), nos espoirs commencèrent à tressaillir : notre fils me confiait se sentir « bizarre », se trouvant à ne plus savoir ce qu’il devait faire avec l’impression de ne pas être réellement à l’endroit où il était réellement, à ressentir ses jambes vouloir vivre leur propre vie en lui infligeant des tremblements incontrôlables… bien entendu, je me suis jetée sur la notice des médicaments en question pour lire et relire encore la liste des effets secondaires, sans trouver quoi que ce soit de probant, en dehors du fait que ces effets cités pouvaient, devaient cesser après une période dite d’adaptation, sans oser non plus lui faire arrêter le traitement de crainte de le voir replonger… grosse erreur de ma part !!!

Toujours volontaire pour se sortir de ce mal être qui refaisait surface, Zadosicien continuait à prendre ces médicaments, ne parlait pas des crises d’angoisses plus fortes encore qu’avant (il entendait des voix) qui le réveillait la nuit et qu’il cachait, très certainement pour ne pas nous inquiéter. Chose que je découvrirai plus tard, il s’infligea d’autres scarifications, plus profondes et plus longues encore que les précédentes, cette fois-ci bien  dissimulées au niveau des biceps, même en tee-shirt, nous ne voyons rien, il n’en parla que plus tard, au rendez-vous suivant avec Magdaléna, juste avant que celle-ci ne me fasse venir dans son bureau sans Zadosicien pour me parler de son diagnostic : notre fils ne souffrait pas de dépression ainsi que nous le pensions (elle y compris), les médicaments ayant aggravé la situation, il s’agissait de tout autre chose. La seule chose que je retins alors était que mon fils était en grand danger, à la limite du suicide qui pouvait se produire, non pas de manière « réfléchie » mais de manière impulsive ! Là non plus je ne peux décrire tout ce qui a pu se passer en moi, les larmes retenues, les cris muselés, la peur qui vous déchire, la sensation de sombrer tout en sachant qu’il ne fallait rien lâcher, ne rien montrer à Zadosicien pour ne pas l’inquiéter plus encore…

Mais alors me direz-vous, de quoi s’agit-il donc ? je vais tenter de vous l’expliquer ainsi que je l’ai compris, je ne suis pas médecin, encore moins psychiatre, mais il me reste tout de même des restes de connaissances en biologie qui m’ont permis de comprendre un minimum : il ne s’agit pas donc d’une dépression mais d’une anomalie de fonctionnement du système nerveux, plus exactement d’un dérèglement d’absorption de la sérotonine, ce neurotransmetteur qui peut être aussi ravageur qu’il est extraordinaire (voir ce lien pour des explications un peu plus approfondie : http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rotonine ). Ce désordre physiologique, à priori présent depuis fort longtemps, expliquerait la tendance de Zadosicien à se mettre à l’écart des autres, à avoir des difficultés à dormir, à manger, à avoir des difficultés à se concentrer en classe, à travailler… eh bin voui mesdames et messieurs les profs du collège où il va : Zadosicien n’est pas une forte tête qui persiste dans une feignantise chronique, il ne peut pas travailler, il n’en est pas capable tout simplement !!! (et oh miracle, la prof principale, épouse de pharmacien a soudain tout compris lorsque je lui ai expliqué le problème alors qu’elle m’appelait à la maison pour m’informer que mon fils avait eu un avertissement pour travail insuffisant au cours du conseil de classe du second trimestre… dieu, que j’aurai préféré qu’il ne s’agisse en effet que de paresse !)

Donc, nous voilà repartis avec un diagnostic pas vraiment établi, puisqu’il faut aux dires de Magdaléna pratiquement une année pour être certain de celui-ci, mais avec un nouvel espoir, je l’avoue, je n’ai pu faire autrement que de me raccrocher à ces nouvelles informations. Cela peut sembler difficile à comprendre, mais le fait de pouvoir mettre un nom sur un mal, des mots sur des maux, était déjà en soi non pas un soulagement mais une nouvelle raison de croire, de penser, d’espérer que les choses allaient s’arranger (je l’avoue après avoir passé une après midi à pleurer dès que je me retrouvais à l’abri des regards).

Voilà maintenant trois semaines que Zadosicien prend donc ce nouveau traitement à base de neuroleptiques (oui je sais, ce mot fait très peur au premier abord) mais ce qui est rassurant est que, même avec un dosage très faible, le plus faible qui soit, notre fils va beaucoup mieux : il sourit, rit de bon cœur (et c’est là que l’on s’est rendu compte du temps passé depuis son dernier véritable éclat de rire), dort paisiblement et (croyez moi, je crierai presque au miracle) ose même dire haut et fort ce qu’il pense, même à m’envoyer paître lorsque je deviens trop chi*** (je le reconnais, toutes ces épreuves ne m’ont pas vraiment poussée à le laisser sans surveillance –surtout après m’avoir entendu dire qu’il pouvait mettre fin à ses jours à n’importe quel moment !).

Il restait ensuite à faire accepter cet état de fait à notre entourage le plus proche (à l’exception cependant de certains que nous voulons préserver à tous prix), notamment ses frère et sœur, de sang et de cœur. Beaucoup comprirent alors différents comportements qu’ils n’avaient pas compris et tous sans exception s’engagèrent à veiller sur Zadosicien avec toute l’affection dont ils sont capables.

La visite suivante chez Magdaléna nous conforta dans notre idée que les choses s’arrangeaient pour notre fils, il reste maintenant à continuer le traitement prescrit, à patienter encore que les choses soient totalement stabilisées et enfin à espérer que ce dérèglement ne soit que le fait de l’adolescence et de son cortège de bouleversements hormonaux parfois dévastateurs.

 

Ces dernières semaines nous ont laissés épuisés et désormais remplis d’espoirs. Nous veillons toujours attentivement sur notre fils et devons parfois rappeler à certains ce qu’il en est de son état de santé, notamment dans son collège : nous avons été convoqués par le médecin scolaire pour nous entendre dire qu’il était fort probable que Zadosicien ne puisse partir avec ses camarades en voyage scolaire en Italie… une fois la colère passée, celle-ci due principalement à la crainte de le voir une fois de plus stigmatisé par un jugement erroné, nous avons tout à fait compris l’hésitation de l’équipe enseignante qui n’est absolument pas formée pour gérer ce genre de souci. La distance nous séparant alors engageait aussi à la prudence, hors de question de laisser Zadosicien en pleine détresse à 14h de route de chez nous ! il fut donc décidé d’attendre l’avis de Magdaléna, à la suite de quoi nous prendrions une décision finale (bien qu’il nous soit laissé la possibilité de ne pas laisser partir notre fils s’il faisait une « rechute » juste avant le départ). Après un entretien avec la prof responsable du voyage, nous avons obtenu que Zadosicien soit avec un camarade de classe qu’il apprécie (ce qui n’était pas le cas préalablement) et après avoir discuté avec la principale quelques instants, cette dernière décida qu’il était injuste de mettre de coté les élèves en difficultés sur le plan de leur santé (Zadosicien n’est pas le seul dans ce cas là). C’est donc totalement rassurés, autant nous que notre fils, que nous avons appris qu’une personne accompagnante de plus partait pour l’Italie, celle-ci étant totalement dédiée aux quelques élèves nécessitant d’une attention particulière.

Pour finir sur une note encore plus positive, je peux vous confier que nous avons trouvé une autre école pour Zadosicien pour la rentrée prochaine ! Lui qui nous parle depuis déjà longtemps d’entrer en apprentissage, a été heureux d’apprendre qu’au hasard de mes recherches sur le net à propos d’une formation sur un métier dont il m’avait parlé, j’avais trouvé un établissement qui proposait une classe de 3ème pré-apprentissage, alternant stages et scolarité, lui permettant de découvrir plusieurs domaines professionnels avant de faire un choix qui l’engagera pour plusieurs années (l’avantage étant qu’il évite ainsi de faire un choix qui pourrait être décevant, bien que je pense qu’il n’est pas négatif du tout de savoir dire que telle ou telle chose ne nous convient pas).

Ainsi donc, il ne reste plus qu’à attendre tout d’abord le rendez vous pris avec la responsable des élèves en pré-apprentissage, puis à patienter encore pour savoir si oui ou non, Zadosicien sera accepté dans cette école… L’avenir semble enfin se dégager pour notre fils, il continue à croire en sa musique (pour laquelle il est vraiment doué, même sans formation classique… et ce n’est pas parce que c’est notre fils que je dis cela) et il peut enfin croire à un futur qu’il pourra se construire jour après jour…

Croyez moi, nous prions de toutes nos forces !!!

Publié dans Vie de tous les jours

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Ko'chka (Diane) 07/04/2011 18:49


Merci pour ces bonnes nouvelles.
C'est merveilleux d'avoir mis le doigt sur la source. Il n'y a que comme ça qu'on résout de tels soucis de santé ! Je suis plus que ravie, enthousiaste et heureuse de son rétablissement, même si
c'est le début.
A travers tes mots, on sent l'amour qu'il entre vous, et c'est très beau ! Bonne continuation à vous !