24h45 d'angoisse : fugue du z'ado

Publié le par nathasarah

Peur dans la nuit, désespoir sur ma vie…

 

Vendredi 18 septembre, 2 h 21 du matin :

Comment exprimer avec des mots ce que je ressens à cet instant ? la peur, l’incompréhension, le désespoir, tout ça se mélange en moi, m’empêchant de respirer, me nouant la poitrine, me brûlant les yeux…

Je n’aurai jamais pensé en écrivant mon message de tout à l heure sur mon z’ado qui m’aurait poignardé le cœur entre temps : depuis 8 heures ce soir, mon z’ado a disparu après avoir laissé un message d’au revoir sur le portillon devant la maison, là où il était sur que je le trouverai sans trop de délais (est ce une bonne raison de ne pas trop s’inquiéter, je ne sais pas, je suis incapable pour l’instant de fermer l’œil, même si mes pupilles me disent le contraire…)

3 h 50 du matin : Où est-il, que fait-il, à quoi pense-t-il en ce moment ? Je ne veux pas dormir, j’ai tellement peur que j’ai du mal à respirer et que je sens mes battements de cœur de la racine de mes cheveux jusqu’au bout de mes orteils… je ne veux pas dormir, j’ai l’impression probablement très naïve que ma veille peut le protéger à distance, que mes prières peuvent le protéger…

 

dimanche 20 septembre 2009, après quelques heures de répit (pas en état d’écrire avant) :

Après avoir ramené mon z’ado à la maison, bien sur je l’ai grondé car je ne pouvais faire autrement après la découverte de sa bêtise de la semaine, j’avais exigé qu’il quitte sa tenue vestimentaire, mi gothique mi je ne sais pas quoi d’ailleurs, pour une tenue plus conventionnelle, dans un esprit non pas de refus de sa personnalité mais de retour à une normalité que je pensais pouvoir être salutaire. Puis, pour patienter jusqu’à l’heure où l’un de ses camarades de classe serait rentré pour nous donner les cours manquants et les devoirs à faire pour le lendemain, je lui ai demandé de ranger sa chambre, vous savez tous à quoi ressemble un antre d’adolescent, je savais que cela l’occuperait pour un bon moment, au moins le temps de réfléchir un minimum.

En début de soirée, après les devoirs faits sans rechigner, le z’ado continuait à ranger et à vider les différents sacs poubelles jusqu’à ce que je réalise que je ne l’avais pas vu rentrer depuis moins de dix minutes. Bêtement, naïvement, je pensais que ses copains lui avaient rendu visite devant la maison… mais il n’en était rien, mon z’ado avait disparu !!!

J’étais pendant ce temps là en train de converser avec l’une de mes Sœurs d’Ames (Elles ne sont que deux à pouvoir revendiquer mon affection, ma tendresse) pour lui relater les évènements de l’après midi, je n’ai pris que le temps de lui dire ce qui se passait avant de me jeter sur ma voiture pour rouler tous phares éclairés pour tenter de retrouver mon z’ado dans la nuit.

Bien entendu, vous pouvez vous imaginer que je n’ai rien vu et que j’ai été obligée de rentrer à la maison pour retrouver mon mari qui rentrait du travail et lui apprendre ce qui se passait, le tout au milieu des larmes, des cris que je ne pouvais plus contrôler…

Nous avons bien du prendre une décision rapidement, la plus évidente qui soit : nous ne pouvions laisser notre fils partir ainsi, nous avions besoin d’aide et les seuls à pouvoir intervenir directement, physiquement, étaient les gendarmes du secteur (je reviendrai plus tard sur l’aide extraordinaire que nous avons reçu d’autres personnes, lorsque celles-ci m’en auront donné la permission, il est des actes et des démarches qui ne peuvent être acceptés par la majorité des gens…).

Moins d’un ¼  d’heure après notre appel, une puis deux puis trois équipes de gendarmes envahissent la maison. S’ensuivent les questions indispensables mais ô combien pénibles, augmentant l’angoisse (ça parait bête comme ça mais obligez vous à prendre une photo de vos z’ados tous les 6 mois parce que c’est quand vous en avez besoin que vous réalisez que tous fuient les photos…).  Il fallut se rappeler tous les copains, copines que vous aviez contactés à plusieurs reprises dans la demi heure précédente. Les gendarmes ont tout noté scrupuleusement puis ont fini par partir de la maison pour faire leur travail de recherche, nous laissant à nouveau seuls avec nos angoisses.

Le lendemain matin, il fallut appeler le collège pour prévenir à nouveau de l’absence du z’ado, coupant le souffle de la cpe qui n’a pas compris plus que nous, puis d’autres personnes (patrons, médecin prévu depuis 4 semaines, etc. …) puis nous rendre à la gendarmerie pour faire cette fois ci une déposition dite circonstanciée, ce qui dura plus de 3 heures, mon mari d’un coté, moi de l’autre. Pendant ce temps là, le procureur contacté par le commissaire de police judiciaire mettait en route le traçage du portable, ce qui nous permit de savoir que le z’ado était tout de même relativement proche sans qu’on ne puisse pourtant réellement le localiser et croyez moi, les bois qui nous entourent nous ont paru soudainement très vastes et plus denses encore. Des patrouilles se sont rendus chez chacun des copains copines du z’ado pour vérifier physiquement qu’il ne se cachait pas chez l’un ou l’autre. De notre coté, mon mari et mon fils aîné arpentaient les bois et les bordures de rivière pour tenter de le retrouver, nous pensons aux chasseurs, aux accidents, aux agressions, tous les films d'horreurs défilent encore et encore...

Vint ensuite une équipe spécialisée en informatique pour accéder à tout ce que pouvait contenir l’ordinateur de notre fugueur. Je n’ai pas compté les appels téléphoniques échangés entre les gendarmes et nous mais je peux vous assurer qu’ils n’ont pas ménagé leurs énergies.

Les heures passaient encore et encore, chacune aussi longue qu’un jour… Les recherches avec les maîtres chiens sont prévues pour le lendemain, l’appel à témoin dans la presse pour le surlendemain…

Fort heureusement, j’avais à mes cotés, bien qu’à distance, ma Sœur d’Ame qui m’a apporté son soutien tout au long de ces heures pénibles qui l’ont bien ébranlée elle aussi.

Alors que nous ne cessions de tenter de joindre notre fils sur son portable bien évidemment coupé (il avait même pensé à le démonter entièrement pour ne pas être repéré), mon téléphone sonne et la voix tant espérée me coupe le souffle « Maman, c’est moi, je n’ai pas envie, mais c’est bon, je vais rentrer ce soir, je te demande pardon mais dis aux gendarmes d’arrêter les recherches, je vais arriver ».

Fort heureusement j’ai eu la présence d’esprit de lui dire que bien sur nous l’attendions, que nous l’aimions, mais que les recherches judiciaires ne cesseraient pas tant que les gendarmes ne l’auraient pas entendu et que nous n’avions plus la liberté d’agir en tant que simples parents, la loi avait pris le relais.

Bien que le soulagement soit évident de le savoir sain et sauf, les heures qui suivent sont aussi longues car nous craignons alors un revirement de situation, personnellement je ne veux pas y croire : tant qu’il ne sera pas à la maison, je ne serai pas rassurée…

Vendredi 20 h 44 :

Alors que je suis au téléphone avec sa marraine qui vient aux nouvelles, notre fils franchit la porte, trempé par la pluie qui tombe depuis plus d’une heure, tête basse. Le temps de dire « il est là » et de raccrocher, mon mari prend notre fils dans ses bras et tous deux pleurent ensemble jusqu’à ce que j’arrive pour me mêler à eux… il est là, tout va s’arranger, je suis consciente qu’il y a encore beaucoup de choses à faire (à nouveau gendarmerie dès le lendemain) mais je veux croire, je veux espérer que tout va bien aller….

Publié dans Vie de tous les jours

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Luna 21/09/2009 09:51

J'ai prié si fort lorsque j'ai appris la nouvelle. Je me tenais informée minute par minute jusqu'à ce moment de joie ou ton zado était enfin rentré à la maison.
Je vous souhaite tout le bonheur possible, et je souhaite que ton zado puisse enfin se confier à toi. Te confier tout ce qu'il peut ressentir, ses joies comme ses peines.
Soyez heureux et prenez bien soin de vous.
Que la Déesse te protège toi, et toute ta famille.
Plein de bisous.

Nokomis 21/09/2009 07:23

J'espere que ton coeur a était consoler par la betise un peu inconsciente de ton z'ado. J'ai fais la même pour pouvoir reflechir de mon coté, sa m'avait était salutaire. J'espere que sa l'aura était pour ton garçon.
Que la déesse veille sur vous tous.
Bisou