Les Sorcières, un peu d'histoire

Publié le par nathasarah

La Sorcière est appelée en grec stryx, et en latin striga. Le mot français sorcière, féminin de sorcier, dérive du latin vulgaire sortarius c’est-à-dire "diseur de sorts", du latin sors, sortis, désignant d’abord un procédé de divination, puis destinée, sort.

La continuation de l’espèce dépend de la fécondité de la femme, qui est obstétricienne depuis que le monde est monde. La "sage-femme", la "guérisseuse", celle qui connaît les secrets de la vie et de la mort ainsi que l’effet des plantes sur le bien-être physique, la santé, est à l’origine de ce personnage qu’est la Sorcière. D’ailleurs, durant les deux siècles que dureront les persécutions, c’est souvent le terme d’herboriste qui sera utilisé dans les procès-verbaux de l’Inquisition pour la désigner.

 

Préhistoire et Antiquité
Au mésolithique, à la suite de changements climatiques, le gibier se faisait rare et la cueillette n’était plus été suffisante pour permettre la survie du clan. Le culte de la Déesse-Mère, avec la sédentarisation due aux débuts de l’agriculture, deviendra prépondérant durant des millénaires, perdurant dans les premières grandes civilisations antiques sous la forme de cultes agraires rendus à des déesses telle Déméter ou Cybèle.

Le culte de la Déesse-Mère préhistorique se retrouve en Grèce à Éleusis. On reconnaît des traces de la proximité et de l’empathie avec la Nature dans le culte agraire rendu à Déméter et Perséphone. Sur ce culte viennent se greffer l’élément orphique et le culte dionysiaque, où le sacrifice du dieu est rituellement et cycliquement perpétré, autant de caractéristiques qui survivront dans le culte de Diane de l’Antiquité tardive et durant tout le Moyen Âge, où viendront s'ajouter de nouveaux éléments issus du folklore local des divers pays d’Europe.

 

Des Persécutions à la Réhabilitation
Durant le Moyen Âge, les persécutions sont surtout dirigées contre les hérétiques. C’est à partir des Temps modernes, après la découverte des Amériques, au moment où commence à poindre l’Humanisme et où l’imprimerie fait son apparition, que commencent les persécutions à l’encontre des femmes.

Historiens et chercheurs estiment aujourd’hui le nombre des victimes entre 50 et 100 000 sur les deux siècles où les tribunaux de l’Inquisition et ceux de la Réforme sévirent, un chiffre élevé par rapport à la population européenne de l’époque. Ces victimes furent, à 80 %, des femmes, appartenant le plus souvent aux classes populaires.

Le premier à réhabiliter les sorcières fut Jules Michelet qui leur consacra un livre en 1862. Il voulut ce livre comme un "hymne à la femme, bienfaisante et victime". Mais il ne leur reconnaît pas véritablement le droit à l’émancipation. Il faudra attendre les mouvements féministes des années 1970 pour voir apparaître le thème de la Sorcière sous un jour positif.

 

Les Sorcières de Salem
Les procès des "sorcières" de Salem entraînèrent la condamnation et l'exécution de personnes accusées de sorcellerie en 1692 dans le Massachusetts (Etats Unis). Généralement analysé comme découlant d'une période de luttes intestines et de paranoïa puritaine, ces procès causèrent la mort de 25 personnes.

En 1692, à Salem Village (aujourd'hui Danvers), quelques jeunes filles, dont Abigail Williams, Ann Putnam et Betty Parris, accusèrent certains concitoyens de les avoir envoûtées et d'être des sorciers ou des magiciens, alliés de Satan.
Les trois premières femmes accusées furent Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba. Sarah Good était une mendiante, fille déshéritée d'une aubergiste française qui s'était donné la mort quand Sarah était adolescente. Sarah Osborne était une vieille femme, alitée, qui avait mérité la réprobation générale en captant l'héritage des enfants de son premier mari pour le remettre à son nouvel époux. Quant à Tituba, c'était une esclave. Les trois femmes furent officiellement accusées de sorcellerie le 1er mars 1692 et mises en prison.
D'autres accusations suivirent et les prisons se remplirent, mais en l'absence d'une forme légitime de gouvernement, les accusés ne purent être jugés avant l'été 1692. Une seule accusée fut relâchée, les autres procès se terminèrent par la condamnation à mort de l'accusé pour sorcellerie, sauf pour ceux qui plaidèrent coupable et dénoncèrent d'autres suspects. Une série d’exécutions eut lieu au cours de l'été, avec la pendaison de 19 personnes, dont 6 hommes.
Les procès de Salem s'achevèrent finalement en octobre 1692, après l'appel formé par le clergé bostonien mené par Increase Mather, qui publia le 3 octobre 1692 un ouvrage contenant notamment la phrase suivante : "Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu'une personne innocente soit condamnée."

Plusieurs théories tentent d'expliquer pourquoi la communauté de Salem Village a explosé dans ce délire de sorcières et de perturbations démoniaques, la plus répandue affirmant que les puritains traversèrent une période d'hallucinations religieuses. D'autres théories s'appuient sur des faits de maltraitance d'enfants, de divinations tournant mal, d'ergotisme (le mal des ardents du Moyen-Âge, provoqué par l'ergot de seigle, qui contient une substance que l'on retrouve dans le LSD), ou de complot de la famille Putnam pour détruire la famille rivale Porter.

Parmi les théories modernes, celle de Mary Beth Norton est peut-être l'une des plus convaincantes. Salem et le reste de la Nouvelle-Angleterre étaient harcelés par les attaques amérindiennes, ce qui a créé une atmosphère de peur qui contribua au développement de l'hystérie. La plupart des victimes d'accusations avaient eu des liens personnels ou sociaux avec les amérindiens. Les accusateurs soutenaient l'existence de sabbats entre les prétendues sorcières et les Amérindiens, que le clergé assimilait souvent aux démons assiégeant les puritains. Le combat des Amérindiens devenait l'assaut des forces du mal essayant d'abattre la société puritaine.

source principale : Wikipedia

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